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Exposition Hôtel des Arts TPM

Les « Dessins quotidiens » de Ronan Bouroullec à l’HDA

Du 4 mars au 29 avril, l'Hôtel des Arts TPM, sous la direction artistique de la villa Noailles, expose près de 300 "Dessins quotidiens" du créateur français Ronan Bouroullec. Une pratique artistique à part entière chez le designer internationalement connu, qui révèle une part intime de son talent créatif. A ne pas manquer!

L'histoire entre le designer Ronan Bouroullec et la villa Noailles a commencé en 1998 avec une exposition sur le design à Hyères... Mais c’est aujourd’hui une autre pratique de l'artiste qui est présentée à l’Hôtel des Arts TPM et jusqu’au 29 avril, à travers ces « Dessins quotidiens », exposition qui inaugure le centenaire de la villa Noailles.

"Cette exposition est la seconde de notre série "dessins de designer", après celle de Pierre Charpin en 2022", rappelle Jean-Pierre Blanc, directeur de la villa Noailles.

Le dessin, une nécessité

"Dessins quotidiens", ce sont 300 dessins, 80 carnets, 13 salles. "Il faut se laisser embarquer; cela a été difficile de faire un choix", explique Ronan Bouroullec au fil de la visite, qui précise que "quotidiens" n'exprime pas le fait "que je dessine chaque jour, mais bien la nécessité pour moi de dessiner".

On commence par une salle 1 "atmosphérique", histoire de "camper ce que l'on va voir après".  "Je n'ai aucun objectif quand je commence à dessiner, c'est presque un état d'autohypnose, en opposition à mon métier de designer d’objet, une discipline de longue haleine, que je fais en équipe".

Le dessin n’engage que moi : je dessine seul, partout et sur tout support, avec les stylos que je trouve; c'est une pratique à part, qui m’a toujours accompagné. Cela ne nécessite aucun protocole, c'est une discipline très libre.

A noter dans la salle 3, "peut être la plus intime", une série de céramiques réalisées et encadrées par l'artiste.

A l'étage, l'exposition se concentre sur les 5 dernières années, avec une salle "plain", où le papier est utilisé dans sa totalité. La grande salle, avec les dessins posés, mélangés, "un peu comme un feu", une salle en noir et blanc contraste avec les couleurs d'en face... "Il y a un mouvement permanent, comme dans mes dessins"

Pour Ronan Bouroullec, si cette expo avait un but, c’est de donner envie de dessiner à tout le monde.

Horaires d'ouverture :
Du mardi au samedi de 11h à 18h

Depuis toujours le designer Ronan Bouroullec dessine quotidiennement. Une pratique artistique pure qu’il juge autonome du métier pour lequel il est internationalement reconnu. Mais s’il existe une porosité entre ces deux faces de son activité qui se nourrissent l’une l’autre, Ronan Bouroullec considère le dessin comme indispensable à son équilibre.

Avec près de 300 œuvres (dessins, bas-reliefs et carnets) présentés, Ronan Bouroullec révèle une petite part, encore peu connue, de son talent créatif.

L’exposition se déploiera sous la forme d’un triptyque :

Le premier volet prend donc place à l’Hôtel des Arts de Toulon, tandis qu’un deuxième consacré exclusivement à la pratique de la céramique de Ronan Bouroullec sera présenté à la Galerie du Canon à l’occasion de Design Parade Toulon 2023 et le troisième présenté lors de ce même été dans le cadre de Design Parade Hyères, à la villa Noailles.

Un retour aux sources puisque Ronan Bouroullec a réalisé au Centre d’Art dès 1997 l’une des premières expositions personnelles de son parcours naissant en tant que designer.

Du 4 mars au 29 avril à l’Hôtel des Arts TPM - 236, bd maréchal Leclerc à Toulon - Programmation hors les murs de la villa Noailles

Entretien avec Ronan Bouroullec

La place du dessin

Le dessin structure ma vie. L’équilibre entre des temps de présence et de retrait, de plein et de vide, de travail et dotium, m’est indispensable. Le temps où je ne suis pas à l’atelier, où je suis en Bretagne, ou bien en voyage, a besoin d’être rempli par quelque chose, tenu par quelque chose. A ce moment, le dessin est là.

Il a toujours été là. Depuis l’enfance, et le sentiment de solitude qui l’habitait. Nous vivions à la campagne, je n’avais pas vraiment de voisins ou d’amis à proximité. Erwan est plus jeune que moi de 5 ans, et cet âge c’est une différence très importante. Mes partenaires de jeu, c’étaient le mur, contre lequel je jouais au football, et les feuilles de papier sur lesquelles je dessinais sans cesse. Notre culture familiale était marquée par un rapport très fort au travail, par la hantise de l’inaction. Pour mes grands-parents, pour mes parents, il était inconcevable de rester sans rien faire. Lire, ce n’était pas faire : on lisait le soir, mais pendant la journée il fallait couper du bois, travailler au jardin… Le dessin était une sorte d’entre-deux : lorsque je dessinais, on me laissait presque tranquille. Presque, car mes parents ne comprenaient pas vraiment ce que je faisais, mais c’était quand même acceptable. Dessiner ce n’était pas vraiment accomplir quelque chose, mais c’était déjà agir, voir quelque chose advenir.

Cette pratique ne m’a jamais quitté. Le dessin est toujours présent, de manière différente selon les années, bien sûr, mais il est là, comme un compagnon, qui me tient debout, qui me tient en équilibre.

LE DESSIN ET LE CROQUIS

Il n’y a pas de moment de ma vie où je n’aie pas dessiné, d’une manière ou d’une autre. Car il y a deux manières, deux grands continents du dessin. Deux univers séparés – même s’ils peuvent parfois entretenir des liens, se rencontrer ou s’influencer – qui fonctionnent selon des régimes radicalement différents. D’une part le dessin – croquis, assujetti à un projet, dont il sert le développement. Et de l’autre le dessin à part entière, qui n’a pas d’autre fonction que d’être ce qu’il est, qui trouve sa nécessité en lui-même.

(...)

SANS PRÉMÉDITATION

En cours de dessin, j’étais souvent cité comme l’exemple de ce qu’il ne fallait pas faire, comme celui qui approchait la question de la mauvaise manière. Quand on apprend à dessiner un paysage ou un objet, on commence normalement par tracer les grandes lignes, par mettre en place la vision d’ensemble, pour ensuite entrer dans les détails. Je ne fonctionne pas du tout comme ça. Si je dessine un personnage, je commence par les pieds et je remonte jusqu’à la tête, sans avoir construit d’abord la proposition générale.

(...)

Si on prend ce vase, cette chaise, leur qualité formelle d’ensemble est bien sûr correcte, mais je pense que le cœur de mon langage, c’est ce qui touche à leur mode d’assemblage, à la manière dont les formes, les plans, les matériaux, les choses se rencontrent en eux.

Les dessins fonctionnent aussi comme cela. Cela commence au milieu de la page, en général, sans quel les choses soient prédéfinies, et c’est le développement progressif de cette ligne qui produit à la fin une forme qui n’était pas anticipée.

L’EXPOSITION À TOULON

J’ai toujours conçu mes propres expositions en refusant de porter sur mon travail une approche trop analytique ou académique. Pour cette exposition consacrée aux dessins, encore moins que pour une exposition d’objets, je ne voulais pas me mettre dans une position distanciée ou surplombante. Pour reprendre l’image du flux, ce qui compte pour moi c’est moins d’en dresser la cartographie que de m’y plonger, d’en suivre le cours, et de voir quels effets de sens, quelles émotions naîtront de cette expérience.

L’exposition de Toulon ne s’est donc pas construite à partir d’un plan directeur, mais développée de manière organique. Avec l’aide d’Alex et d’Emi, j’ai ouvert l’un après l’autre les centaines de carnets et de cartons, en partant d’aujourd’hui et en remontant progressivement en arrière. Il est vite apparu, tant le corpus était large, que nous devrions renoncer à l’idée d’une rétrospective complète. Nous avons alors décidé de concentrer le choix sur les dessins réalisés au cours des 5 dernières années, période au cours de laquelle ma pratique du dessin s’est séparée de plus en plus nettement de mon activité de projet. Par exemple en se déployant sur des supports libres, alors qu’auparavant croquis et dessins coexistaient très naturellement sur les mêmes carnets. Mais surtout en conquérant ses espaces réservés – par opposition à l’atelier, lieu du projet, de l’objet, mais aussi du collectif –, ses plages de temps dédiées et son statut à part entière, autonome, au sein de mon travail.

(...)

Le parcours s’est donc constitué à partir de l’espace tel qu’il m’était donné, et d’un répertoire très simple de modes d’accrochage : au mur /sur tables/sur estrades. Il articule rythmiquement, presque musicalement, des moments de densité, qui vont presque chercher jusqu’à un sentiment de trop plein, et des moments plus calmes.

J’avais, par exemple, envie que la première salle soit comme une sorte de synthèse, qui permette immédiatement comprendre la cohérence de l’ensemble de ma démarche, à travers une grande diversité de formats et de techniques, en associant des choses très petites, certaines presque pointillistes, des dessins au Bic très délicats, avec des grands feutres, ou des bas-reliefs.

Vient ensuite une série de séquences organisées et même de registres de sentiments, quand le dessin se fait le sismographe de la psyché de l’auteur. Avant de retrouver, dans la dernière salle, cette sensation de profusion et de flux vital.

L’ensemble est ponctué, rythmé par la présentation des carnets. De ceux-ci, on ne peut évidemment présenter physiquement qu’une seule double page, tandis que des petits films les montrent en train d’être feuilletés du début à la fin. Ce qui aurait pu être source de frustration permet en fait d’en renforcer le caractère dynamique, cinématique. De même, les effets de transparence de la page (on devine le dessin qui se trouve au verso) ou de volume des carnets (on voit les bords de chaque dessin se rejoindre sur la tranche) accentuent leur dimension de mystère.

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